Le débat à l'Assemblée sur le projet de loi DADVSI
Suite au vote de l'amendement 154 dit de licence globale dans la
nuit du 21 au 22, je suis allé assister à la 2e séance du jeudi 22.
Cela a été l'occasion de voir ceux qui font les lois censées
s'appliquer à l'Internet français.
Je vais parler ici plus de l'ambiance telle que je l'ai ressentie
que des discours de chacun qui sont retranscrits sur le site de l'Assemblée, qu'elle en soit ici remerciée.
A mon arrivée, j'ai été surpris qu'on me demande
de laisser au vestiaire mon ordinateur portable, sur lequel j'avais
téléchargé le projet de loi et tous les amendements, et mon palm
qui est mon carnet de note. Une fois dans l'hémicycle, je constate
que tout est papier. Les greffiers s'appliquer à noircir des
feuilles de papier mais je dois admettre ne pas avoir vu d'encrier.
Aucun député ne dispose d'un ordinateur portable.
Une amie, ancienne attachée parlementaire, m'avait prévenu que nos
députés ne sont pas familiers de ces étranges machines, mais j'espérais
qu'au moins les rares députés présents fassent exception. Mon seul
espoir est qu'on leur ait demandé à eux aussi de laisser leur
ordinateur portable au vestiaire (peut-être est-ce une mesure
esthétique pour ne pas dépareiller avec le mobilier de l'hémicycle).
Donc nous voilà avec des personnes qui ne connaissent la bête
que par oui dire, en particulier lorsqu'on entre dans des choses
aussi complexes que les logiciels libres. Ma foi, on ne peut pas
leur demander de tout savoir et l'on peut seulement espérer que
leurs conseillers comprennent assez les conséquences des textes
proposés.
Mais c'est là que j'ai une autre mauvaise surprise. Les
députés travaillent à l'aveugle en découvrant au fur et à
mesure des débats que des textes ne seront pas discutés ce jour
mais que d'autres, des nouveaux proposés par le gouvernement ou
le représentant de la commission, doivent l'être immédiatement
même si les députés n'ont pas eu le temps de les étudier.
Lorsqu'on sait que ces textes peuvent changer complètement de sens
en déplaçant un mot et que ceux qui les rédigent cherchent
à y cacher des objectifs pas toujours avouables derrière des
textes bienveillants ou de bon sens, cela fait peur.
Finalement la suite du débat est repoussée au 17 janvier, tant mieux.
Il est probable qu'on reviendra sur l'amendement "licence globale"
ce qui à mon sens est dommage car pouvant permettre une meilleure
diffusion de la culture dans notre société. Quel ado de banlieue,
ceux qu'on stigmatise, a accès à la musique classique ? Avec
cet amendement, tel que je l'ai compris, il lui serait possible
de découvrir cette musique jusqu'à plus soif. Un tel amendement ouvre
aussi les portes de la diffusion de masse à tous les artistes, en
particulier aux plus petits, ce qui leur permettrait d'être découvert
lorsqu'il est si difficile de produire un CD, lorsque les
"consommateurs" n'ont pas les moyens de tout acheter pour voir.
Bien sûr pour les stars, le système est moins avantageux puisqu'elles
devront partager le marché de la musique avec d'autres.
Un sondage dans mon cours a révélé que plus de 90% de mes
étudiants seraient prêt à payer environ 5 euros par mois pour
pouvoir faire du P2P légalement.
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